Le poids des responsabilites

La légèreté des responsables

LE FARDEAU DES VICTIMES

Premièrement, le simple fait de regarder l’évolution des cas confirmés ne permet pas de tirer des leçons en temps réel de la politique. Bien que l’épidémie ait commencé de manière concomitante en Corée du Sud, en Italie et en France – le 1er février 2020, le nombre de cas confirmés de coronavirus la maladie en 2019 (COVID-19) était de 12 en Corée du Sud, six en France et trois en Italie – la Corée du Sud a pu contrôler l’épidémie 6 semaines plus tard, tandis qu’une augmentation rapide des cas était claire en Italie et commençant en France. Malgré les recommandations de l’OMS, une stratégie sud-coréenne de tests de masse, de recherche des contacts et de distanciation physique n’a pas été adoptée en France et en Italie, et la plus grande étape a été un verrouillage du pays aussi tard que le 9 mars en Italie et le 17 mars en France. La France n’avait pas la capacité logistique de promouvoir les tests de masse, en raison du nombre limité de laboratoires accrédités (seulement 45 dans les établissements publics) et de la disponibilité limitée des réactifs SARS-COV-2 pour la RT-PCR. Mais, plutôt que de fixer explicitement l’objectif d’élargir le dépistage avec des priorités (professionnels de la santé, groupes vulnérables) jusqu’à ce que les capacités deviennent suffisantes, les autorités ont fait valoir que le dépistage systématique n’était pas nécessaire dès que l’épidémie s’était généralisée (phase 3 des directives nationales). Cette politique n’a été renversée que le 28 mars, dans le but de gérer une sortie du verrouillage.

Deuxièmement, maintenir le premier tour des élections nationales le 15 mars mais imposer la fermeture des écoles en même temps était en contraste avec la littérature en sciences sociales établissant que la communication en cas de catastrophe devrait éviter de confronter la population à une situation à double lien par des incitations dissonantes, les résultats préliminaires, bien que non concluants, sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine pour le traitement du COVID-197 ont alimenté des controverses éthiques dans la communauté biomédicale avec une large couverture médiatique. Se référer uniquement à des essais cliniques randomisés pour prouver l’efficacité du traitement sans envisager d’autres méthodes d’évaluation pour fournir des preuves plus rapides dans un contexte d’urgence a réduit la capacité des autorités à atténuer l’effet des rumeurs irrationnelles en ligne et à réglementer les pratiques de prescription des professionnels de la santé.
Le 24 mars, un deuxième comité d’experts a été nommé, complémentaire au premier10. Ce comité d’analyse de la recherche et de l’expertise comprend 12 experts, dix d’entre eux étant différents des membres du conseil scientifique, et est présidé par Françoise Barré-Sinoussi, virologue et récipiendaire du prix Nobel de médecine en 2008. Le deuxième comité semble une reconnaissance implicite des difficultés intrinsèques à utiliser directement la science dans la gestion politique d’une crise sanitaire.

Source: THE LANCET

Published by micasaijen

Your best hostess near Ijen

Leave a Reply

%d bloggers like this: